Les huiles essentielles et leur utilisation pendant la grossesse

Les huiles essentielles pendant la grossesse: peut-on les utiliser sans risque pour le bébé? C’est une question que se posent […]

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Les huiles essentielles pendant la grossesse: peut-on les utiliser sans risque pour le bébé? C’est une question que se posent de nombreuses futures mamans en quête de solutions naturelles pour soulager nausées, troubles du sommeil, stress…, à un moment où les options de traitements classiques sont plus limitées. Et j’avoue que ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver entre toutes les informations, parfois contradictoires, que l’on peut retrouver sur internet, les réseaux sociaux ou les livres.

Il m’a donc semblé important de vous proposer ce guide afin de vous donner quelques repères basés sur les dernières recommandations du consensus d’aromathérapie scientifique et clinique. Ici, je parlerai surtout de la grossesse mais les précautions d’emploi s’appliquent aussi si vous allaitez.

Dans cet article, vous découvrirez:

  • pourquoi la prudence est essentielle pour la femme enceinte

  •  les préconisations données par le consensus d’aromathérapie scientifique et clinique

  • quelles sont les huiles essentielles autorisées et interdites pour la femme enceinte

  • quelles alternatives naturelles existent

  • comment l’aromathérapie peut aider à soulager les maux de la grossesse

  •  une FAQ pour répondre à vos questions

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voulais rappeler une chose très importante: les huiles essentielles ne sont pas une médecine douce, elles ne doivent pas se substituer à une consultation médicale ni à un traitement en cours.

Pourquoi la prudence est essentielle pour la femme enceinte?

Il est fréquent d’entendre que, parce que les huiles essentielles étant naturelles, elles sont sans danger. Pourtant, les choses sont un peu plus complexes et méritent d’être nuancées.

Les huiles essentielles sont des extraits très concentrés obtenus à partir de plantes aromatiques mais savez-vous que chaque huile essentielle peut contenir entre 100 et 250 molécules aromatiques différentes. Cette richesse explique leur propriétés mais également les règles indispensables à leur usage, en particulier pendant la grossesse.

Chez la femme enceinte, deux organismes sont concernés: celui de la maman et celui du foetus, dont les organes sont en plein développement. Même si aucune étude scientifique ( on ne prend pas le risque de mettre en danger le foetus) ne montre l’impact des molécules aromatiques sur le futur bébé, la perméabilité du placenta nécessite d’être vigilant et une utilisation stricte et encadrée des huiles essentielles pendant la grossesse.

Les huiles essentielles sont des actifs puissants

Contrairement à une idée très répandue, une huile essentielle n’est pas une simple  » essence de plante ». Il s’agit d’un concentré de molécules actives dont certaines ont des propriétés incompatibles avec la grossesse:

     

      • utérotonique: certaines huiles essentielles vont stimuler les contractions utérines pouvant ainsi provoquer un accouchement prématuré.

      • abortive : risque de fausse couche

      • neurotoxique : risque de toxicité pour le système neuronal ( cerveau)

      • hépatotoxiques : risque de toxicité pour le foie

      • néphrotoxiques : risque de toxicité pour les reins

      • anticoagulantes : risque d’hémorragie

      • hormono-like : effet compatible aux hormones

    Physiologie de la grossesse et molécules aromatiques

    La grossesse s’accompagne de nombreuses modifications physiologiques et la perméabilité du placenta font que les substances actives arrivent facilement jusqu’au foetus. Lors de l’allaitement, les substances actives arrivent également jusqu’au bébé par l’intermédiaire du lait.

    Au regard de ce que l’on connait des huiles essentielles et du risque que potentiellement certaines huiles essentielles peuvent occasionner pour le foetus, le nourrisson ou la maman, les recommandations actuelles privilégient un emploi très encadrée des huiles essentielles pendant la grossesse.

    Peut-on utiliser les huiles essentielles pendant la grossesse ?

    La réponse est oui mais pas n’importe lesquelles, pas à n’importe quel moment et jamais sans respecter certaines précautions.

    En aromathérapie scientifique et clinique, le consensus actuel est de déconseiller l’usage des huiles essentielles durant les premiers mois de grossesse puisque cette période correspond à la formation des principaux organes du futur bébé.

    A partir du 4ème mois de grossesse, certaines huiles essentielles peuvent être envisagées pour soulager des inconforts spécifiques que la femme enceinte peut ressentir et vivre mais toujours en ayant à l’esprit les précautions d’emploi et sous le contrôle de votre médecin ou professionnel de santé formé en aromathérapie.

    Usage possible mais de façon encadrée à partir du 4 eme mois de grossesse

    A partir du 4eme mois, quelques huiles essentielles sont généralement considérées comme intéressantes et avec un rapport bénéfice/risque faible lorsqu’elles sont bien choisies et lorsque l’on respecte les précautions d’emploi.

    Leur utilisation doit cependant être:

       

        • ponctuelle

        • de courte durée

        • jamais en remplacement d’un traitement en cours

        • après en avoir discuté avec votre médecin.

      Les voies d’administration à privilégier

      L’olfaction est généralement la voie la plus douce et est intéressante notamment pour accompagner les nausées, le stress ou le côté émotionnel. Lors de l’usage d’un stick aromatique, on fera attention aux odeurs puisque la grossesse en modifie leur perception ( par exemple, vous pouvez très bien ne pas supporter de sentir l’huile essentielle de lavande fine alors que c’est une odeur que vous adoriez avant).

      La voie cutanée peut également être envisagée, à condition que les huiles essentielles soient adaptées et fortement diluées dans une huile végétale adaptée à la problématique initiale. On évitera cependant à appliquer la synergie sur le ventre et les reins.

      Les autres voies ( orale, diffusion atmosphérique, sublinguale…) sont contre-indiquées pour la femme enceinte ou allaitante.

      Les huiles essentielles interdites et autorisées pendant la grossesse

      Les huiles essentielles formellement interdites

      Les huiles essentielles qui ont des propriétés citées plus haut, ne sont pas autorisées pour la femme enceinte. On retrouvera notamment celle de menthe poivrée, de thym, de sarriette, d’origan, de sauge sclarée, de niaouli, de cyprès à cédrol… Il existe bien d’autres huiles essentielles concernées par cette interdiction mais ne voulant pas surcharger cet article, j’ai fait le choix de ne citer que celles qui étaient les plus connues. C’est pourquoi, avant toute utilisation d’une huile essentielle, il est essentiel de s’assurer auprès d’un professionnel de santé ou praticien en aromathérapie scientifique et clinique que cette dernière peut être utilisée par la femme enceinte.

      Les huiles essentielles autorisées mais sous surveillance

      A partir du 4ème mois de grossesse, certaines huiles essentielles peuvent être utilisées en olfaction ou en cutanée. On gardera cependant à l’esprit que cela doit se faire sous la supervision d’un professionnel de santé formé à l’aromathérapie scientifique et clinique ou de votre docteur.

      Comment l’aromathérapie peut soulager la femme enceinte

      Une fois le cadre de sécurité posé, l’aromathérapie – utilisée avec discernement – peut devenir une véritable alliée pour soulager les maux du quotidien. Stress, troubles du sommeil, nausées, inconforts cutané, douleurs… : voici comment certaines huiles essentielles choisies avec prudence, peuvent apporter un soulagement naturel.

      Phycho-émotionnel: stress, sommeil

      La grossesse s’accompagne souvent de bouleversements émotionnels et hormonaux qui peuvent perturber le sommeil ou générer de l’anxiété. Certaines huiles essentielles principalement utilisées en olfaction peuvent aider à apaiser ces tensions en agissant directement sur le système nerveux central et le système limbique ( centre des émotions).

      Vergeture et inconfort cutané

      Pour le confort cutané, ce sont surtout les huiles végétales qui jouent le premier rôle, certaines huiles essentielles peuvent ponctuellement être ajoutées en très faible dilution pour leur propriétés tonifiantes ou apaisantes de la peau.

      Les alternatives naturelles aux huiles essentielles

      Lorsque les huiles essentielles ne sont pas envisageables- par précaution, par choix personnel, d’autres alternatives naturelles permettent de prendre soin de soi sans les contraintes liées aux molécules aromatiques des huiles essentielles.

      Les hydrolats, une option douce

      Les hydrolats ou eaux florales sont la partie aqueuse obtenue après distillation de la plante aromatique. Contrairement aux huiles essentielles, leur concentration en principes actifs est nettement plus faible. Ceci en fait une alternative adaptée à la grossesse, y compris dès le premier trimestre, période où la prudence avec les huiles essentielles est optimale. Seules de rares hydrolats seront contre-indiqués pour la femme enceinte ( par principe de précaution).

      Utilisés en brumisation, en compresse ou diluée dans l’eau, les hydrolats permettent de bénéficier en douceur des propriétés apaisantes et rafraichissantes de certaines plantes.

      Les huiles végétales, soin et confort au quotidien

      Les huiles végétales, obtenues après pression à froid des oléagineux, peuvent être utilisées librement tout au long de la grossesse pour nourrir la peau, prévenir les inconforts cutanés ou simplement profiter d’un moment de massage tout en bénéficiant de leurs propriétés ( ex: certaines sont antiinflammatoires).

      Elles constituent également une base de dilution indispensable pour les huiles essentielles qui peuvent être utilisées.

      Lorsqu’on parle d’aromathérapie, on a tendance à parler des huiles essentielles mais pour la femme enceinte ou allaitante, les hydrolats et les huiles végétales sont peu conseillés. C’est d’autant plus dommage qu’ils ont des propriétés intéressantes et restent plus sécuritaires que les huiles essentielles.

      FAQ: questions fréquentes

      Puis je utiliser des huiles essentielles alors que je suis enceinte?

      Oui, mais avec prudence et de façon encadrée. La plupart des huiles essentielles sont à éviter, en particulier durant le premier trimestre. A partir du 4ème mois de grossesse, certaines peuvent être envisagées en faible dilution et sur une courte durée, sous la supervision d’un professionnel de santé formé ayant des connaissances dans l’emploi des huiles essentielles. Un accompagnement en aromathérapie nécessitera de faire un point sur les antécédents médicaux, les traitements en cours et les maladies éventuelles de la femme enceinte.

      La menthe poivrée est elle dangereuse pendant la grossesse

      L’huile essentielles de menthe poivrée est interdite pendant cette période parce qu’elle contient du Mentone ( entre autre) qui est une molécule biochimique neurotoxique et abortive.

      Quelles huiles essentielles contre la nausée?

      Il est possible d’apaiser les envies de vomir grâce à certaines huiles essentielles, à partir du deuxième trimestre, en olfaction ( par exemple, l’huile essentielle de citron). Cependant, le choix de l’arôme et le nombre de gouttes doit se faire de façon très précise pour tenir compte des sensibilités propres à chacune.

      Peut on utiliser des huiles essentielles pendant l’allaitement ?

      Oui, mais avec prudence et en étant accompagnée par un professionnel formé à l’aromathérapie scientifique et clinique. On prendra en compte le fait que les molécules actives sont véhiculées par le lait et ingérées par le bébé donc le choix des huiles essentielles utilisées se fera avec discernement. Il est aussi important de souligner que lors de l’allaitement, une application cutanée des huiles essentielles sur la poitrine est contre-indiquée.

      Quelles huiles essentielles pour mieux dormir enceinte?

      On privilégiera l’utilisation d’huiles essentielles autorisées à partir du deuxième trimestre de grossesse. Même si certaines huiles essentielles sont préconisées pour des problèmes de difficultés d’endormissement, de réveils nocturnes…., lors d’une grossesse, les troubles du sommeil peuvent être liées à d’autres soucis de santé ( douleurs, problèmes digestifs…). Faire le point est nécessaire pour faire un choix correspondant au problème réel.

      Conclusion

      Les huiles essentielles peuvent être de précieuses alliées pour traverser certains inconforts de la grossesse mais leur puissance d’action impose une vigilance de tous les instants. L’usage de quelques huiles essentielles est possible à partir du 4eme mois de grossesse mais avec une dilution stricte, voies d’administration adaptées, tout en étant encadré: l’objectif est de permettre un mieux-être de façon la plus sécuritaire possible.

      Lorsque le doute persiste, les hydrolats et les huiles végétales restent des alternatives sûres et accessibles tout au long de la grossesse. ( Attention toutefois aux quelques hydrolats qui sont à éviter chez la femme enceinte)

      Mais au delà de ces recommandations générales, chaque grossesse est unique. Antécédents médicaux, pathologies associées, sensibilités individuelles : seul un accompagnement personnalisé permet d’adapter ces conseils à votre situation propre. N’hésitez pas à consulter un praticien en aromathérapie scientifique et clinique et à échanger avec votre sage femme ou votre médecin avant toute utilisation d’huile essentielle. Dans tous les cas, un test d’allergie cutané sera nécessaire avant tout emploi.

      Et pour garder toutes ces informations à portée de main, n’oubliez pas de télécharger votre fiche récapitulative des hydrolats déconseillés pour les femmes enceintes.

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